Salade Tomates Merde Oignons ?
Bah voilà.
Je voulais écrire un article d'au moins trois pages sur les commerces à Bruxelles.
Sur les magasins de téléphones portables, les snacks à durums, les boulangeries qui n'en sont pas (c'est pas possible autrement, tellement c'est infâme, j'en parlerai plus tard), les centrales de téléphonie et de connexions à internet.
Sur tout ça.
Ce qui avait déclenché mon envie d'écrire là-dessus, c'était la menace de l'ouverture d'un énième snack à durum dans notre quartier.
Un énième parce que dans un rayon de 500m autour de chez nous, il y en a au moins une dizaine.
Avant, c'était un snack chinois et bien qu'il ne fut pas le meilleur chinois du monde, il dépannait bien d'un riz cantonnais quand on avait flemme de cuisiner.
Ils avaient laissé une affiche "à céder" puis ils l'avaient enlevé et on s'était dit qu'ils ne partaient plus.
Et puis un jour, il y eut des journaux sur les vitres et tout était éteint et noir, c'était fini.
Alors on se demandait, on se questionnait. Ils avaient enlevé toutes les inscriptions collées sur la vitre sauf "Snack".
Un snack, encore un. Merde, quoi !
Déjà que ces commerces n'ont absolument aucune ambition et nous offrent parfois des spectacles aussi déprimants que si on était en train de regarder notre hamster sur son lit de mort, alors encore un !
Donc je voulais râler contre ça, dire que c'était notre faute à nous, consommateurs de merde, si tous ces commerces étaient merdiques à la base mais qu'ils le restaient voire qu'ils s'empiraient.
J'étais prête à pointer un doigt accusateur sur notre société et à crier au scandale, à secouer Monsieur Mamour comme un prunier parce qu'il ne m'empêchait pas d'y aller, parce qu'il se doit de me dire non quand j'ai envie d'un durum parce que je ne devrais pas cautionner toute cette merde immonde et que l'ouverture d'une nouvelle merde de snack devait me laisser perplexe par rapport à la complexité du monde de merde pendant au moins une bonne partie de ma vie, j'aurais pu écrire des livres merdiques entiers sur le scandale de merde qui m'étouffait merdiquement.
Oui, je voulais faire tout ça.
Et puis Monsieur Mamour est rentré hier et m'a dit que le snack allait être un snack indien.
Avec des samossas, du poulet tika massala, des nans au fromage et tout ce qui nous fait baver.
Du coup, mon bec scandalisé restera cloué.
Jusqu'à ce qu'on aille commander des nans.
Si tous les gens qui se battent pour des valeurs qui leur paraissent justes étaient, comme moi, régis par leurs estomacs, qu'adviendrait-il ?
Je ne préfère pas le savoir...oulaaaa non, et vous ne préfèreriez pas non plus.




















